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Blanchiment de capitaux, délais de traitement, recrutement : ce qui coûte cher quand c'est mal tenu.

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Ce que coûte un dossier qui ne bouge pas.

Quarante-huit heures annoncées, deux mois écoulés, aucun bureau franchi. Le coût n'apparaît dans aucune ligne budgétaire — et c'est bien le problème.

Organisation et délais · 4 min de lecture

Couloir administratif bordé d'étagères d'archives et de cartons de dossiers

Un retard de traitement ne se comptabilise nulle part. Il n'apparaît ni au bilan, ni au compte de résultat, ni dans un rapport d'activité. Il n'a pas de ligne. C'est précisément pour cela qu'il n'est jamais traité : ce qui ne se mesure pas ne se corrige pas.

Pourtant il se paie. Et il se paie plus cher que la plupart des postes qui, eux, ont une ligne. C'est l'un des terrains de notre expertise en conseil et organisation.

Le chiffre qui devrait alerter

L'évaluation PEFA du Tchad de 2018 — le cadre international de mesure de la performance des finances publiques — relève une chute du taux d'exécution budgétaire : 87,8 % en 2014, 68,2 % en 2015, 44,9 % en 2016. Le rapport constate une dégradation par rapport à l'évaluation précédente de 2009.

Un taux d'exécution de 44,9 %, c'est plus de la moitié d'un budget voté qui n'est pas dépensé. Une part tient à la crise pétrolière de 2015 et à la trésorerie. Une autre tient à la chaîne de la dépense elle-même : quand l'administration n'a pas la capacité technique ou organisationnelle de faire circuler un dossier, le crédit existe et l'argent ne sort pas.

Ce n'est pas un problème de volonté. C'est un problème de circuit.

Horloge murale au-dessus d'un bureau couvert de chemises fermées
Illustration. Image d'ambiance générée, sans lien avec une mission du cabinet.

Le financement qui ne revient pas

Un bailleur pose une date. Le dossier doit être déposé complet à cette date. S'il ne l'est pas, le financement ne se reporte pas au trimestre suivant : il va ailleurs.

C'est ici que le coût devient visible, mais trop tard. Personne, dans la chaîne, n'a commis de faute identifiable. Chacun a traité le dossier « dès qu'il l'a eu ». Le retard est le produit du circuit, pas d'une négligence — et c'est pourquoi chercher un responsable ne sert à rien.

Le Tchad figurait au 182e rang sur 190 dans le classement Doing Business 2020, dernière édition avant l'arrêt du programme par la Banque mondiale en septembre 2021. Ce classement avait ses défauts, largement documentés. Il disait cependant une chose que personne ne conteste : les délais administratifs sont un facteur de compétitivité, au même titre que le coût du travail ou l'accès à l'énergie.

Ce n'est pas réservé au public

Une entreprise privée connaît exactement le même mécanisme. Une facture qui attend une signature, un bon de commande bloqué dans un parapheur, un contrat qui fait trois allers-retours faute d'un modèle validé : le circuit produit le retard, et le retard produit le coût.

La différence est que l'entreprise le voit plus vite — son client, lui, le dit.

Par où l'on reprend

On ne raccourcit pas un délai en demandant à chacun d'aller plus vite. On le raccourcit en regardant le circuit : combien d'étapes, combien de signatures, combien de fois le même document est ressaisi, et à quel endroit précis il attend le plus longtemps.

Cela demande de mesurer avant de réorganiser. C'est le sens d'un audit organisationnel : établir le temps réel de traversée d'un dossier, étape par étape, avant de toucher à quoi que ce soit.

Pour le Programme national de lutte contre le paludisme, nous avons repris dix ans d'archives et monté un système physique et numérique. L'objet n'était pas de ranger : un dossier qu'on ne retrouve pas est un dossier qui n'avance pas. Retrouver, c'est déjà traiter.

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